la vie est faite de petits bonheurs (j'en ai déjà parlé) et de petites contrariétés, de rien du tout, des pas grand choses insignifiants qui me rebondissent sur le système, uniquement sur le mien, mais comme mon système est au centre de moi-même (moi m'aime?) forcément ça m'importe...
si vous avez la chance de fréquenter les quais du métro parisien, vous avez sûrement vu cette affiche qui fleurit en 3 par 4:
oui, et alors me direz-vous, où est le problème, what's wrong with it, donde esta el problema, warum? (je plafonne rapido avec les langues. j'ai bien dit "les" pas "la"...)
non je ne déprime pas à l'idée de râter cela car en octobre 2006 je ne serai plus à Paris (soit j'aurai eu mon visa, soit je serai en fuite après la destruction de l'ambassade du Canada par un attentat...), si c'était le cas, un aller/retour Montréal-Broadway arrangerait les choses (prononcer cette dernière phrase sur un ton "j'me la pète un peu trop").NON!!!! ce qui m'énerve tient dans le sous-titre!! "LE MUSICAL DE BROADWAY" Le musical! Musical!! Cela ne veut rien dire en français monsieur!!! En français, nous avons l'adjectif "musical" ou le substantif "music-hall", fais-ton choix camarade! Pour les non-initiés, "musical" en anglais désigne ce que nous appelons communément "comédie musicale" chez nous. même Kamel Ouali (qui n'a pourtant pas inventé le sling à suspensions hydroliques ni le godemiché à roulettes, mais aurait bien voulu...) a eu le bon sens de nommer sa daube vendue aux neuneus fans de la Star Ac' son Roi Soleil "spectacle musical". Si quelqu'un peut me fournir une quelconque justification à cet anglicisme aussi inutile que ridicule, j'achète! je sors du bureau, 100 m me séparent du waou.
10 m, tout va bien.
15m, un individu patibulaire (mais presque) me tend un journal "sans abri", je souri et esquisse un "non merci" du bouts des lèvres.
18m, un individu plus jeune me colle un journal "sans abri" sur le torse, je souri, "non merci".22m, une grosse bonne femme à moustache (oui elle aussi), m'agite un "sans abri" sous le nez. Je l'ignore.28m, un jeune individu (un autre...) me plaque un "sans abri" sur le torse, me retient le bras, et me marmonne un truc, j'accélère, un "tu-me-fais-chier" dans le regard.35m, j'ai franchi l'angle de la rue, du McDo plein les narines.
150m, j'entre dans le vestiaire.
160m, un gluant*, grand, gros, gras, lisse, jaune, flasque, nu comme un lombric, scotché devant le miroir, armé d'un sèche-cheveux vombrissant, s'écarte le séant d'une main et dirige le souffle brûlant de l'appareil sur son orifice le plus intime. je réprime un frisson.165m, je me jette sur le 1er casier libre.hier soir. après 65 minutes de bouchons, soit 3 fois le temps moyen habituel, Tonton me réconforte avec un vin d'orange et le bouquet de pot-au-feu maison qui embaume les lieux. 21h, alors qu'il s'apprète à verser une dernière louche de bouillon brûlant dans le 4è bol que je lui tend, Tonton, pour une raison demeurée jusqu'ici inexpliquée, décide de vider le liquide fumant sur la main gauche qui tient le récipient, c'est à dire la mienne.
Je dépose délicatement le bol, il ne faut pas casser l'héritage, et dans la bonne humeur je laisse l'eau glacée du robinet de la cuisine appaiser la douleur. Finalement, tartiner de la moelle et la soupoudrer de gros sel de la main droite avec l'index et le majeur gauches enduits de biafine c'est tout à fait faisable. Petit truc maison: secouer la main brûlée diminue la douleur, par contre éviter de le faire tout en tenant le verre de rouge dans la main droite, le set de table de Tata et votre jeans vous en seront reconnaissants.
Comme l'avez remarqué, le blog orange s'est enrichi d'une radio-blog. Dès la semaine prochaine, j'aurai le plaisir de vous proposer une playlist hebdomadaire.
Tschuss!
* gluant: individu de sexe masculin, généralement pas de première fraîcheur, qui vient faire du sport équipé au maximum d'un attaché case rempli de magazines et n'est jamais sorti du vestiaire que pour poser son (gros) cul sur le carrelage du hammam ou le bois du sauna, et son regard vicieux sur la peau de tout ce qui passe. On le reconnaît facilement à sa propension à exhiber le contenu de sa serviette (celle fournie par le club, pas celle contenant les magazines) et à se secouer la nouille dans le brouillard.