je me suis levé, enfin je me suis réveillé, j'ai regardé TV5 puis Canal+ puis M6MusicRock qui comme tous les matins a diffusé madame kay et jean-louis aubert. je me suis levé, il est déjà trop tard pour prendre soin de ma barbe alors je suis allé travailler.
elle m'a énervé, entre 2 clopes, à faire sonner ce foutu téléphone "tu peux venir s'il te plaiiiiiit" (euh non j'ai pas envie), "tu oublieras pas de relancer machin pour le trucmuche" (ça fait 3 ans 1/2 que je relance des machins pour des trucmuches, ça va, je saiiiiiiiiiiiiis!!!), "demain matin j'arriverai en retard je dois passer à ma banque" (moi demain je viendrai pas, je dois rester sous ma couette), etc.
Pour le déj, j'avais une jolie boite de taboulé (note pour sissi: tabouret/taboulé). A l'heure indiquée par mon tube digestif je l'ai sortie du frigo. Les morceaux de poulet que j'apercevais à travers le couvercle transparent me paraissaient d'une sècheresse douteuse. Je secouais la boite plus par habitude de secouer les boites que par réelle nécessité de mélanger quoique ce soit.

A la sortie, j'ai résisté au furieux appel du cookie mou en passant devant le Starbeurk, je suis fort, je suis fort! A Strasbourg-St-Denis, je suis entré dans le McDo où j'ai attendu 5 grosses minutes la cuisson de mon croque pendant que mon raclette refroidissait dans son sac. J'ai mangé le tout tièdasse à la sortie du métro à Denfert où j'avais passé 20 minutes plié en 4 sur mon siège, le nez collé dans les 450è pages des Chroniques du Plateau Mont-Royal.
A 20h20, ma junk food largement éliminée en grosses gouttes de sueur, je quittai le club med gym direction Bercy où je retrouvai le sissi et sa moitié en bonne place en compagnie de quelques 18000 paires d'oreilles venues remuer les bras, les lèvres et les hanches. La 1ère partie se finissait.
Une foule on ne peut plus bigarée et diversifiée se préparait à 2h d'énergie pure. Des minets ondulants, des fraises frémissantes, des quadra sans cravatte, des teutons z'et des rosbifs surexcités, une bière à gauche, un clope à gauche, des treillis, des costards et quelques bobos de bon alois, 3 rangs plus bas, la pétasse du jour campée, nonchalante, désinvolte, couvre-chef pied-de-poule, ses sunglasses rivées à l'oeil, le siemens à l'oreille, une fine fine fine fumante entre lèvres pincées et index/majeur sur poignet cassé, style quoi! Accompagnatrice à l'insu de son plein gré d'un pithécanthrope chauve.

Puis encore le métro. Aphone, sourd, bourdonnant. 500è page. La tisane du soir, coup de fil à Montréal, couette.
Ce matin, l'estomac visait les talons, un viennois pépites de choc promis à une courte vie au fond du sac, adossé au fond de la rame j'essayais de me concentrer sur Thérèse pis Pierrette qui vont au cinéma. Le viennois attendra le chocolat chaud au bureau.
Je suis au bureau depuis une heure, le viennois n'a pas quitté le sac.
2 minutes après mon entrée, ma voisine de métro, une ado dans la 13aine vomissait copieusement son ptit dèj' dans un sac plastique qui lui avait tendu avec compassion l'adulte responsable du groupe (colo, centre aéré?). Mal des transports, nausées menstruelles (je laisse de côté celle des premiers mois de grossesse), grippe espagnole? Toujours est-il que j'ai encore en travers de la gorge l'odeur acre et la vision jaune du sac qu'un camarade tenait comme un poisson rouge en attendant la bonne station...
J'ai les joues douces, un t-shirt orange avec un bull-dog dessus, des cernes de 6 heures de sommeil et je dois affronter l'hystéroclopeuse entre 2 taffes: je suis venu te dire que je m'en vais...